Déc 072016
 

Il s’agissait de rejoindre la montagne d’argent au départ de Saint Georges en K mer et d’y retrouver un groupe de randonneurs qui préféraient la sécurité de la pirogue pour s’aventurer jusque la. Et sur place,  explorer le site jusqu’à plus soif. Denis et moi avons descendus et explorés toutes les iles et le littoral du bas Oyapock, avons vécu des rencontres inoubliables et bravés l’estuaire avec succès.

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Pour ceux qui ne connaisse pas, voici le plan du site. Et oui, nous n’avions rien de plus récent que la carte de 1824!

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Le départ à l’étale au petit matin de l’île du soleil, entre saint Georges et Oyapoque. Un endroit sur l’eau coupé du monde. Des volutes de brumes passe entre le palmier et le carbet. Ce sont les fumées des abattis coté brésiliens qui effacent le paysage. Pas une vague ne vient troubler la surface du fleuve. Nous avions montés les kayaks sur la terrasse, pour faciliter le déchargement, heureusement aidés par des bras musclés et brésiliens. Bizarre, Denis est déjà prêt a partir. J’avais pourtant l’impression de l’avoir attendu!

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A Tampack, village bushinengé, nous refaisons le plein d’eau. La maison aux esprit est fermée, mais les offrandes aux dieux sont toujours la. C’est les vacances et les enfants courent partout. Le village est de nouveau habité pour 2 semaines. Ici aussi on est à l’écart du monde.

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Une tapouille ensablée. La saison sèche dure et des bancs de sable affleurent au milieu du fleuve. On en profite pour marcher la ou l’Homme n’a jamais posé les pieds. Et bien sur pour ce baigner! Car il y est facile de débarquer, plus facilement en tout cas que sur les rives, ou la vase et les palétuviers forment une barrière infranchissable.

 

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L’île sacré des bushinengés. On ne s’arrêtera pas, mais une mini plage entre des rochers permet un débarquement facile.

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Des maisons de bois isolées ou de petits villages se trouvent tout le long du fleuve, surtout coté brésilien.

Un peu avant trois Palétuviers, nous nous arrêtons à Kouman Kouman (rebaptisé sandwich par les autochtones). Le carbet est désert mais 2 chiots faméliques pleurent en nous voyant. Sur la plateforme récemment dégagé par un brulis,  à cet l’endroit du fleuve  le plus étroit de l’oyapock après Saint Georges, nous retrouvons des bases de l’ancien fort.

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Nous arrivons à Trois Palétuviers en fin de marée descendante comme prévue. Les kayaks sont donc portés jusqu’au point haut du débarcadère. Le préau de l’école nous accueille. Le village est très paisible et notre sieste ne sera troublé que par une dizaine de personnes qui viennent suivre des cours d’informatique à l’école des parents. Daniel, l’instituteur, nous raconte la vie de l’école et ses formidables voyages au bout du monde.

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Le lendemain, toujours à l’aube, et toujours à l’étale de la haute mer, nous partons pour Ouanary.

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Au pied de la montagne Bruyère, je retrouve la plage secrète qui nous permet de descendre sur le sable fin sans patauger dans la boue. Malheureusement les taons auront raisons de nous. Derrière l’île aux biches un banc de vase nous permet de voir de tout près aigrettes, ibis et becs en ciseaux. Un autre banc de vase nous oblige a aller chercher la rive droite de la Ouanary pour remonter. Les gros yeux nous précèdent et s’enfuient à notre approche.

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A Ouanary, le carbet communal étant complet, nous campons dans le carbet du débarcadère. Bientôt rejoint par 2 piroguiers venus amener le gas oil du groupe électrogène. Ils doivent attendre la haute mer pour remonter le chenal jusqu’au pied du village et en attendant rien ne vaut une sieste à l’ombre.

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Plus tard, en fin d’après midi, les barils seront pompés directement sur la pirogues.  Avant la marée basse sous peine d’être bloquer 1 jour de plus, ils repartiront vers Saint Gorges de nuit. Le chenal en effet, n’est navigable qu’a marée haute.

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A Ouanary, les choses (et les gens) ont tendance a s’enliser.

Le joint de mon cale pied est partie et je cherche désespérément de la chambre à air. A défaut , un mariage ayant eu lieu la veille, je trouve des ballons gonflables laissé un peu partout dans les rues, qui feront un joint provisoire.

Le débarcadère est a 1 km du village. Nous le parcourons maintes fois, pour faire la corvée d’eau, pour se laver, pour chercher des outils, pour aller manger etc… Le restaurant ouvre spécialement pour nous et nous sert la torche commandée, à la sauce citrons. Nous goutons aussi le gros rouge, plante médicinale de la famille de l’hibiscus. Tout est délicieux.

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La nuit est calme à Ouananry. Au bout du ponton, nous sommes tout proche des éléments. La marée qui remonte chasse les bestioles qui se cachent dans les graminées le long du canal. L’eau n’est qu’a 1m du carbet. La nuit est pleine de bruits.

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Encore un départ très tôt. La rivière est plate et les gros yeux ont disparus. Le niveau est au plus haut. Les nids de cacique  sont très proches de l’eau.

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Au loin, la montagne d’argent. C’est la partie de navigation la plus monotone car nous nous sommes éloignées de la berge pour éviter le banc de vase. Dans l’anse, les bancs de vase sont marqués par des perches alignées. On dirait des piquets de clôture.

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Enfin, bien avant la basse mer, et bien avant la pirogue attendu, nous débarquons. Les kayaks sont tirées a l’abri de l’eau.

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Ce puits, un des 3 de l’île, est juste sur la plage ou nous avons débarqués. Il est plein à ras bord et l’eau n’est pas salée. Il nous permettra de nous laver sans être rationnés. L’eau est fraiche et c’est vraiment délicieux de se laver ici. Les pécheurs viendront tous les jours à haute mer avec un timing précis, à la minute prés, faire leurs pleins d’eau à ce puits. N’ayant pas de pompe ils transvasent l’eau au seau et cherchent à s’approcher au plus près du puits, ce qui est possible uniquement à marée haute.

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Les randonneurs nous rejoignent et tous le monde installent son hamac. Denis fidèle a son habitude ne mettra jamais la bâche ( et ne sera jamais mouillé). La cote au vent fait presque l’unanimité, et permet de suivre le levée du soleil.

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Le feu, au centre de la cuisine. Posées sur la pierre, les piques à bigorneaux fabriquées par Josépha. Car oui, nous nous nourrissons de pêche et de cueillette! Et voici les tant attendu bigorneaux, sauce citron, qui ont nettement amélioré les menus proposés.

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On passe notre temps à explorer, en suivant de préférence les anciennes pistes que l’on devinent encore bien. Elles sillonnent la presqu’île, en suivant les courbes de niveaux. Mais de temps en temps, pris d’une soudaine lubie, certaine personnes décident de tracer au plus court, et nous grimpons ou descendons des pentes vertigineuses ou la position verticale est plus que problématique. J’avoue que cette frénésie d’escalade m’échappe encore.

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Le phare de l’île, découvert lors de l’expédition que nous retrouvons avec plaisir. Il se situe au point culminant de l’île.

Les ruines sont nombreuses, nous découvrons les cellules des prisonniers, la poudrière, la maison aux colonnes, et des tas de bâtiments magnifiques envahis par la végétation. Le soin avec lequel ces bâtiments ont été construit nous étonnent et nous fascinent. Des murs cyclopéens retiennent les terrasses les plus hautes. Lors de nos balades, on s’amusent a recenser les palmiers royaux. Les troncs annelés dépassent les arbres les plus hauts, et permet  de la côte de les repérer facilement.

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Enfin le 3ème puits!. Celui que l’on avait cherché en vain l’an dernier. Découvert fortuitement par Claude. Il se trouve au somment d’un promontoire. A ses côtés;  il reste encore une maison d’eau, avec son trop plein en pierre taillé. Le site est magnifique, à l’écart de l’ancienne piste.

A l’issu d’une marche pour le moins acrobatique, nous arrivons sur l’anse des pierres gravées. La plage est à l’abri, profonde, face au sud. Malgré la saison sèche, il y a encore un filet d’eau qui y ruisselle; Les roches sont très nombreuses; Le site incite au recueillement.

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Certaines comme ce poisson, épousent la forme de la pierre. Nous n’arrêtons pas d’en découvrir. Mais il est tard et nous rebroussons chemin vers le camp de base.

Ce n’est que le lendemain, grâce à François qui connaissait ce site, que nous découvrons les autres  roches gravées, à l’emplacement de l’ancienne carrière et beaucoup plus près des ruines et du camp.

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Nous avons explorer l’ensemble du site, il est temps de rentrer. Denis est moi nous nous joignons au groupe pour remonter en pirogue à moteur. Les kayaks sont chargés sur la pirogue. J’avoue que je trouve cela très monotone, et je ne suis pas la seule à priori! En saison sèche, il aurait été facile de remonter en utilisant la marée montante. Mais il aurait fallu 3 jours de plus.

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Sur le trajet du retour, nous nous arrêtons dans un petit village de pêcheurs brésiliens. Tout le monde est très occupé, réparer les filets, préparer les campagnes de pêche etc.

Nous, on préfère en profiter pour ce rafraichir avec de la bière brésilienne.

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La remontée est très calme, et seuls les drapeaux des  tapouilles brésiliennes font des taches de couleurs sur l’Oyapock.

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Le voyage est finie, et comme chaque fois cela me laisse toujours une impression de vide.

Sophie

  3 Responses to “Saint Georges- Montagne d’argent 27/10/2016 au 1er/11/2016”

  1. Les photos et le texte donnent envie.

  2. Magnifique sortie! Merci pour les photos des roches gravées que je n’avais pas vues lors de précédents passages.

  3. Merci Sophie pour ce bel article! Encore un beau coin en Guyane!

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